Mission de reconnaissance aérienne civile à la frontière maritime la plus mortelle de l’Europe

Sea-Watch et l’Initiative des Pilotes Humanitaires préviennent des naufrages mortels

Plus de 100 personnes ont été sauvées à la dernière minute le dimanche de pâques sur un bateau pneumatique en train de couler, après avoir été reprées par un avion de reconnaissance loin de tout navire de sauvetage. Au moins sept personnes s’étaient déjà noyées. Ce bilan humain peut être inscrit au bilan de la première mission collective entre le Sea-Watch et le ‘Humanitarian Pilots Initiative’ (HPI). Grâce au soutien généreux de l’Église Évangélique en Allemagne (EKD), l’avion du nom de « Moonbird » sera opérationnel tout l’été.
La mission de reconnaissance aérienne lancée par Sea-Watch et HPI comble les déficits cruciaux dans le sauvetage maritime civil : Tout d’abord, en coordonnant des opérations de sauvetage pour prévenir des naufrages, comme ce futle cas dimanche de Pâques 2020. Par ailleurs, il exerce aussi une pression sur l’UE en documentant son incapacité, laissant ainsi de nombreuses personnes se noyer dans la Méditerranée. Notre mission, ainsi que la déclaration de mission qui suit, sont soutenues par dʼautres ONGs de sauvetage civil et par des organisations politiques et humanitaires reconnues comme Pro Asyl et Medico International. Nous sommes convaincus que nous avons mis sur la table un nouvel outil pour un virage politique et humanitaire.

Le « Moonbird » (l’oiseau de lune), d’après lequel l’avion est nommé, est un oiseau migrateur qui survole chaque année la mer sur une distance comparable à celle de la terre jusqu’à la lune et qui traverse de nombreuses frontières. Il y a toujours eu de la migration et des façons très variées de manier ce phénomène dans l’histoire. Pourtant, l’isolation n’a jamais vraiment fonctionné, mais l’UE a décidé de prendre ce chemin et semble apparemment prête à ignorer les droits fondamentaux les plus élémentaires. Il est absolument inacceptable qu’à la frontière entre l’Europe et l’Afrique des milliers des personnes se noient chaque année. Avec notre avion de reconnaissance, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre fin à cette situation.

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#HumanRightsNoCompromise

Nous ne pouvons tolérer lʼexistence de zones de non droit dans lesquels l’Union Européenne laisse se noyer des personnes par milliers, ou dans lesquels ont lieu des retours forcés de rescapés, en violation du droit international. Pour cette raison, nous soutenons une mission de reconnaissance aérienne civile en Méditerranée centrale : Un avion léger, opéré par Sea-Watch et Humanitarian Pilots Initiative, avec l’objectif d‘unir les initiatives de la société civile et de mener une lutte active contre la mort à l‘une des frontières les plus meurtrières du monde. 
Grâce à ces vols de reconnaissance en Méditerranée centrale, des bateaux en détresse pourront être découverts plus rapidement, la coopération entre les organisations de sauvetage civiles sera améliorée et les violations des Droits de l’homme, tels que les refoulements, vont pouvoir être documentés. De plus, cette mission aérienne est aussi un moyen de maintenir une pression sur l’Union Européenne pour qu’elle engage de nouvelles ressources pour le sauvetage en mer. 

Les organisations, groupes et individus soutenant cette campagne sont d’accord : L‘agonie de masse en mer Méditerranée – plus de 5000 morts l’année passée – semble résulter dʼun choix politique. Ce bilan humain dramatique sont le produit de la politique d’isolation de l’Union Européenne qui oblige les réfugiés à confier leur vie à des trafiquants et d’emprunter le passage le plus dangereux au lieu d’utiliser un avion ou un ferry sûrs pour arriver en Europe. C’est pourquoi nous exigeons « des voie d’accès sûres, immédiatement ! » Dès demain, nous pourrions réduire considérablement voire endiguer complètement le phénomène meurtrier à lʼoeuvre actuellement. Mais les responsables de l’UE et des États membres refusent et continuent à utiliser la Méditerranée comme le fossé mortel de leur forteresse. Au lieu de prendre des initiatives pour endiguer cette catastrophe humanitaire ou d’agir sur les causes de la fuite, l’UE continue de se verrouiller. Pour cela, aucun engagement militaire ne semble être trop cher, et lʼEurope de recule pas devant des coopérations avec des régimes dictatoriaux.

Le bilan humain sʼaggrave. Des violations contre le principe de non-refoulement par les gardes de côtes libyennes, soutenus par l’UE, sont quotidiens. Pour cette raison, le sauvetage civil en mer et en particulier le monitorage -maintenant aérienne – des organisations de sauvetage civiles sont indispensables. Contre la normalisation de la souffrance et de la mort. Pour une Europe de l’ouverture et de l’accueil.