FAQ – Foire aux questions

Le projet « Sea-Watch » était à l’origine une initiative de quatre familles de Brandebourg (Allemagne). Depuis près de 500 volontaires du monde entier se sont engagés pour Sea-Watch. Nous ne voulions plus rester là et regarder les gens mourir en Méditerranée. Pour eux, il n’existe aucun moyen sûr et légal de faire valoir leurs droit d’asile en Europe. Depuis 1998, au moins 20176 personnes sont décédées ou ont disparu en traversant la Méditerranée1.

 

1 IOM Data Sheet :  https://missingmigrants.iom.int/region/mediterranean, récupéré le 15.08.2018
 The Migrant Files  http://www.themigrantsfiles.com/, récupéré le 15.08.2018

Sea-Watch e.V. est une association créée en 2015 en Allemagne et est reconnue d’utilité publique. Au sein de nos équipage sont salarié les capitaine et machiniste pour la durée de la mission et ceci afin d’assurer un suivi technique du bateau. En raison de la taille du navire, ces postes ne peuvent plus être pourvus sur une base volontaire – nous avons besoin de navigatrices et navigateurs fiables, qui connaissent très bien les machines et le navire. Tous les autres membres d’équipage, et la plupart des personnes travaillant pour Sea-Watch sur terre et dans les airs, le font volontairement. Nos missions sont financées à 100% par des dons, c’est-à-dire par des particuliers et des petites entreprises. L’Église évangélique d’Allemagne soutient également notre projet de reconnaissance aérienne, le #Moonbird. Cela nous montre avant tout que la société civile est derrière nous et fait campagne pour le sauvetage civil en mer, constituant ainsi ensemble un signe d’humanité. Notre rapport annuel financier est disponible au public.

Aucun. Nous ne recevons pas d’argent de ou pour les personnes sauvées. Nous nous finançons par des dons de particuliers et de petites entreprises. La seule exception à cette règle est le soutien financier de notre avion de reconnaissance « Moonbird » que nous exploitons avec l’ONG « Humanitarian Pilots Initiative ». Ce projet est partiellement cofinancé par l’Église évangélique d’Allemagne.
Toutefois, les soi-disant garde-côtes libyens, qui reçoivent un soutien financier et matériel de l’UE et sont formés par celle-ci, reçoivent un paiement institutionnel. Des milices de la guerre civile libyenne, des agences de sécurité aux frontières européennes, des dictateurs  et des autocrates encaisse des millions d’euros, destinés aux contribuables, en formation et en matériel pour intercepter et enfermer les réfugié.es avant leur arrivée en Europe2.
2 Plus d’informations (allemand): https://migration-control.taz.de/
68,5 millions de personnes sont en situation de déplacement forcés dans le monde. Quarante millions d’entre eux cherchent refuge dans leur pays d’origine en tant que personnes déplacées à l’intérieur de leur pays. 25,4 millions sont enregistrés en tant que réfugiés, dont 5,4 millions de Palestiniens sous mandat de l’UNRWA. 3,1 millions de personnes sont demandeurs d’asile.
85% des personnes déplacées trouvent une protection dans les pays en développement. La plupart des réfugiés ont été accueilli en Turquie (3,5 millions), en Ouganda (1,4 million), au Pakistan (1,4 million) et au Liban (1 million)3. L’UE compte 511,8 millions d’habitants. Selon des données officielles du HCR, 43 000 personnes au total ont été secourues en Méditerranée cette année (en juillet 2018)4. Ces personnes représentent donc 0,0084% de la population actuelle de l’UE.

Entre la Libye et l’Italie, l’une des principales voies emprunté par les réfugiés de pays tels que la Syrie, l’Érythrée ou d’Afrique subsaharienne. Malgré la distance entre la Libye et l’Italie, sont utilisé majoritairement de petites embarcation impropre à la navigation en haute mer, tels que des bateaux pneumatiques. Toutes celles et ceux qui sont forcés de faire cette traversée sont en danger de mort. C’est pourquoi nous patrouillons dans le centre de la Méditerranée, au nord de la Libye.

Les eaux côtières territoriale s’étendent jusqu’à 12 milles marins au large des côtes d’un État. Derrière elle se trouve la zone contiguë jusqu’à 24 milles marins, dans laquelle l’État riverain jouit de certains droits limités. Nos sauvetages ont lieu en dehors des eaux libyennes et généralement en dehors de cette zone contiguë. Fondamentalement, il existe également le droit de passage inoffensif dans les eaux côtières (art.17 UNCLOS). Néanmoins, nous évitons les zones libyennes, car il est arrivé, à plusieurs reprises, des attaques sur des navires d’ONG.5

5 Diese spielten sich allerdings alle in internationalen Gewässern ab.

« Personne ne pousse ses enfants sur un bateau à moins que l’eau ne soit plus sûre que la terre-ferme »6. La poétesse britannico-somalienne Warsan Shire, parle clairement dans son poème « Maison » (Home): les personnes assises dans un tel bateau et qui risquent un passage souvent meurtrier ont généralement une raison et bien souvent n’ont pas le choix. Elles se trouvent dans une situation d’urgence grave, fuyant les conséquence de guerres, des persécutions, la pauvreté ou d’autres épreuves. Elles ont fui bien avant la création de Sea-Watch, c’est en premier lieu pour cela que nous avons fondé Sea-Watch, car il y avait des embarcations en détresse, mais pas de navires de sauvetage.

L’évolution actuelle montre également très clairement que le désespoir de la population et le comportement meurtrier et sans scrupule des passeurs sont totalement indépendants de notre présence en mer. Ainsi en 2018, Juin a été le mois le plus meurtrier. C’est ce même mois que les navires des ONG ont été empêché  par diverses autorités européennes d’effectuer leurs missions, ceci sans aucune justification légale.

Les chiffres de juin et juillet 2018, alors que les navires de sauvetage civils étaient bloqués, montrent clairement que les passeurs n’accorde aucune importance au fait que les organisations de secours civils soient présent ou non en Méditerranée. Alors que les navires de sauvetage civils se trouvaient dans des ports européens, le nombre de passages n’a pas diminué. Seul le nombre de morts a considérablement augmenté: alors que l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) comptait 48 décès en mai, au moins 629 personnes sont décédées en Méditerranée en juin. Cette augmentation du nombre de morts peut être, sans équivoque, attribuée au manque de capacité de secours.

Dans le même temps depuis le début de nos opérations, de décembre 2017 à mai 2018, le nombre d’arrivées a également fortement diminué, environ 75% d’arrivé en moins par rapport à l’année précédente (voir plus bas dans FAQ). Il est donc clair que plus de moyens de secours ne signifie pas plus de bateaux en départ. Mais moins de bateaux de sauvetage signifie plus de morts. Nous condamnons fermement la demande inhumaine de laisser des personnes se noyer pour en dissuader d’autres.
En premier lieu, la plupart des gens qui s’embarquent dans la traversé n’ont que peu ou pas d’informations sur les dangers et l’impossibilité de facto d’atteindre l’Europe avec leurs embarcations. Par exemple, on leur dit que les phares des remorqueurs gréant au large, à plusieurs dizaines de kilomètres de la côte, sont des phares des côtes européenne.
Nous rencontrons aussi des réfugiés qui ont déjà connu un précédent naufrage et ont vu d’autres se noyer. Néanmoins, ils risquent leur vie de nouveau pour fuir la Libye.
Ces pneumatiques et ces bateaux en bois surpeuplés, majoritairement en mauvaise état, voyagent par presque tous les temps et doivent être traités comme une détresse dès lors qu’ils quittent la côte. Presque aucunes des embarcations n’est en état de naviguer en haute mer, surtout pas avec des centaines de personnes à bord et sans, ou avec peu, de vivres et de gasoil.  Cette évaluation est partagée, à la fois par  l’Organisation maritime internationale (OMI), les Gardes côte italiens, toutes les organisations de secours. Mais aussi par la cour de justice italienne de Ragusa dans le cas de la saisie du navire « Open Arms » le 11 mai 20187. Même si le temps le permettait et que les bateaux pouvaient parcourir quelques milles nautiques sans sombrer, ces derniers n’atteindrait presque jamais la côte européenne.
  
   Dans la plupart des cas, les personnes ne portent pas de gilet de sauvetage et ne sont pas équipées d’outils de communication ou de navigation. Même un smartphone, souvent cité, serai si disponible totalement inutile dans une mer sans couverture réseau. Ce que les gens transportent est souvent rassemblé dans un mélange d’eau salée, d’essence et de matières fécales, qui s’accumule pendant les jours d’errance sur la Méditerranée au fond du bateau. C’est  à cette endroit au milieu de l’embarcation où les femmes et les enfants sont assis, souffrant ainsi fréquemment de graves brûlures et blessures. Les passeurs ne donnent pas de nourriture et trop peu d’eau, les personnes exposées à la chaleur caniculaire sont généralement très déshydratées et affaiblies. Et c’est au plus tard, lorsque le très fin tube pneumatique du bateau éclate ou que le désespoir et la panique les submergent, que les personnes qui ne savent pas nager tombent dans l’eau et se noient.
7Navire de l’organisation de secours maritime civile « Proactiva Open Arms », qui a été arrêté le 19.3. a été saisie par un procureur italien.
Nous apprenons un cas de détresse de plusieurs manières. D’une part, nos équipages sont constamment à la recherche d’embarcations en détresse pendant que nous patrouillons dans la zone de recherche et sauvetage (SAR). De plus, nous sommes en contact étroit avec les autorités SAR concernées, telles que le Centre de coordination des opérations de sauvetage en mer d’Italie (IMRCC) à Rome. Lorsque nous recevons des informations sur un bateau en détresse et qu’ils souhaitent que nous intervenions, il nous le communique soit par téléphone soit par courrier électronique. Nous recevons également des informations de la part des aéronefs qui patrouillent dans la zone de recherche, en particulier des deux aéronefs civils Moonbird et Colibri, mais également par des avions de reconnaissance aérienne militaires. Parfois, les navires marchands signalent également une détresse. En 2017, dans 60% de nos opérations de sauvetage, nous avons reçu les notifications directement de l’IMRCC. Dans le cas des 40% restant, les informations sur les cas de SAR ont été fournies par d’autres acteurs ou par nous-mêmes.
Lorsque nous découvrons nous-mêmes un bateau en détresse, nous collectons autant d’informations que possible et en informons les autorités. Ils réagissent rapidement et nous ordonnent soit de lancer des opérations de sauvetage, soit il nous indique qu’elle autre navire va en prendre la responsabilité, par exemple, lorsqu’un autre navire est plus proche de la scène ou que nous participons déjà à un autre sauvetage.
Lorsque nous recevons l’ordre d’effectuer une opération de sauvetage, nous rejoignons rapidement avec le Sea-Watch 3 la position concernée et, en chemin, nous mettons à l’eau nos canots semi-rigide (RHIB). À bord de ces derniers, nous avons suffisamment de gilets de sauvetage pour toutes les personnes en détresse et, si nécessaire, pour acheminer notre équipe médical. Tout d’abord, nous parlons aux gens pour les calmer, les empêcher de paniquer et de sauter dans l’eau, puis nous distribuons les gilets de sauvetage. Les enfants en bas âge et les personnes blessées ou inconscientes sont d’abord évacués et rapidement amenés à bord de notre navire, où l’équipe médicale les prends en charge. Dès que toutes les personnes sont équipées de gilets de sauvetage, nous commençons progressivement à les transborder de l’embarcation à notre navire.
Enfin, nous marquons l’épave d’un numéro SAR, de la date, ainsi que de la position du sauvetage, de sorte qu’il est clair qu’il ne s’agit pas d’une autre tragédie, mais d’une opération de sauvetage réussie. Enfin, nous détruisons cette dernière afin de ne pas mettre en danger les autres navires naviguant dans la région.
À bord, notre équipe médical identifient les personnes blessées, malades, enceintes et autres personnes vulnérables et commencent le traitement dans notre salle de soins. Souvent, les rescapés sont victime de grave brûlure dû au mélange carburant-eau salée, dans lequel il ont dû passer assis des heures, voire des jours, et beaucoup sont déshydratés et mal nourris. Si nous avons à bord des urgences médicales particulièrement graves que nous ne pouvons pas prendre en charge en mer, les autorités compétente organisent une évacuation. Chaque personne à bord reçoit un kit d’hygiène et une bouteille d’eau qui peut être remplie à bord. En fonction des conditions météorologiques, nous distribuons des couvertures de survie ou des couvertures chaudes. Nous comptons les personnes et envoyons aux autorités compétentes un rapport détaillé sur le sexe, l’état de santé et les personnes vulnérables tels que les mineurs non accompagnés, afin qu’elles puissent mieux préparer notre arrivée lorsqu’elles nous demande de conduire nous même les personnes secourus dans un port sûr. Après l’attribution du port, nous y prenons la direction – la plupart d’entre eux se trouvent à Lampedusa, en Sicile ou à Malte.
Selon le droit maritime international, les personnes secourus en mer doivent être conduites au lieu sûr le plus proche (article 98 droit de la mer). Un « lieu sûr » doit répondre à un certain éventail de conditions, notamment garantir de « subvenir à leurs besoins fondamentaux » et où « la vie ou la sécurité des survivants n’est plus menacé ».8 Par le passé, le MRCC de Rome coordonnait tous les sauvetages, et nous attribuaient, ainsi que les autres navires, un port sûr dans le sud de l’Italie. Depuis le changement de gouvernement en Italie, les navires de sauvetage ont été initialement retardés et puis dans un second temps plus aucun port n’a été attribué. L’entrée dans les ports italiens n’est donc presque plus possible pour les navire de sauvetage.
Dans des cas exceptionnels, des navires ont pu faire escale dans des ports espagnols. Le voyage de plusieurs jours, dû à la distance, s’effectuaient au coût de souffrances importantes pour les personnes secourus et l’équipage tout en ajoutant des conditions de navigation dangereuse. Le bien-être des personnes dans le besoin n’est plus une priorité et une crise humanitaire est considérée comme un risque. Plus de jours en dehors de la zone de recherche signifient plus de morts.
8Résolution  MSC.167  (78)  (adoptée  en  mai  2004  par  le  Comité  sur  la  Sécurité Maritime conjointement aux amendements SAR et SOLAS).

Grâce à la plus grande capacité du « Sea-Watch 3 », nous pouvons fournir les premiers secours à plusieurs centaines de personnes simultanément. Dans les cas extrêmes, notre navire est également équipé de radeaux de sauvetage. En plus de Sea-Watch, il existe d’autres organisations d’aide telles que SOS Méditerranée, Pro Activa Open Arms ou Mission Lifeline déployée entre la Libye et l’Italie. Pour coordonner la flotte civile, les développeurs de Sea-Watch ont programmé une application dédiée. Nous demandons également des capacités supplémentaire, via le centre de coordination de sauvetage « MRCC », aux navires européen, aux forces armées, ainsi qu’aux navires de commerce en cas d’urgence.

Ce n’est pas la ou le capitaine qui décide le port vers lequel un navire de sauvetage se dirige après avoir secourus des personnes, mais le centre de coordination de sauvetage qui est responsable de la zone SAR. Pourquoi le centre de secours ne nous envoie-t-il pas en Tunisie?  Il suffit de prendre connaissance du dernier rapport d’Amnesty International: Les fonctionnaires ont recours à la méthode de torture dite du « poulet rôti » consistant à tourner les prisonniers pieds et poings liés autour d’un poteau. Les personnes LGBTI sont également à risque en Tunisie. Il n’y a pas de procédure d’asile équitable. Ce point de vue est également partagé par la communauté européenne : c’est pourquoi Frontex, les forces armées allemandes et les navires marchands européens n’amènent pas de survivants en Tunisie9.
Il y as fondamentalement peut d’importance pour nous où se trouve le port sûr où nous amenons les rescapés à terre. Cependant, financièrement et en termes de temps, nous ne pouvons pas nous permettre de traverser l’Atlantique jusqu’à Hambourg à chaque fois que nous sauvons des personnes. Avec le temps perdu, beaucoup plus de personnes pourraient se noyer. Au lieu de cela, nous demandons une répartition équitable des demandeurs d’asile en Europe, tout en reconnaissant que l’Italie et la Grèce ont été laissées seules pendant trop longtemps. Cependant, une telle distribution doit avoir lieu à terre et non en mer. Convenir d’une telle répartition est une tâche des états européens. Le règlement Dublin III, qui stipule qu’une demande d’asile ne peut être faite que lorsque le premier sol européen a été introduit, surcharge les capacités administratives des états méditerranéens.10
10Bien que en réalité le règlement Dublin III ait encore d’autres critères, voir Article 13.
En aucun cas, nous ne ramenons les personnes sauvées à l’endroit d’où elles fuient. Elles y risquent tout autant des sévices corporelles que leur vie et son soumises aux pires traitements dans les soi-disant « centres de détention ». Ceci souvent jusqu’à ce qu’on leur leur extorque suffisamment d’argent de sorte qu’elles soient rembarquer dans un canot et recommencent leur périple à travers la Méditerranée en mettant de nouveau leur vie en danger. Nous n’y sommes en aucun cas autorisés, car le droit international de la mer stipule que les personnes secourus en mer ne sont amenées à terre que dans un « lieu sûr » (article 98 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer).  Un « lieu sûr » doit répondre à un certain éventail de conditions, notamment garantir de « subvenir à leurs besoins fondamentaux » et où « la vie ou la sécurité des survivants n’est plus menacé »11.En Libye, tout cela n’existe pas. La Libye est décrit comme un « État défaillant » en situation de guerre civile. Le ministère des Affaires étrangères allemand écrit (déclare en avril 2018): En raison du chaos qui règne actuellement, la population, ainsi que les réfugiés et migrants étrangers, sont victimes de crimes, d’enlèvements, de détentions irrégulières, d’exécutions extrajudiciaires, de tortures endémiques et de la suppression de la liberté d’expression par les différents acteurs locaux. De plus la Convention de Genève sur les réfugiés stipule clairement qu’aucun signataire « n’expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques » (Article 33, paragraphe 1, CG 1951). 
« L’interdiction de refoulement est inscrite dans le droit des réfugié, des droit de l’Homme et est explicitement garantie par l’article 33 §1 de la Convention de Genève sur les réfugiés, par l’article 3 de la Convention des Nations unies contre la torture et par l’article 19 §2 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. , De plus, il découle indirectement de l’article 7 du Pacte civil de l’ONU et de l’article 3 de la CEDH […]. Les Etats membres de la CEDH (Convention européenne des droits de l’homme) sont liés par cette interdiction de refoulement, quel que soit le lieu où la souveraineté d’un État est exercée. Les États contractants doivent donc garantir l’exercice des droits des convention à toutes les personnes qui relèvent de leur pouvoir ou d’un contrôle effectif, même si leur souveraineté n’est pas exercée sur le territoire de l’État, mais à bord de navires à l’étranger ou en haute mer. « 12
Quiconque renvoie des personnes en Libye enfreint le droit international. Dans l’arrêt « Hirsi » de 2012, la Cour européenne des droits de l’homme a statué que les navires européens ne devraient pas renvoyer des personnes fuyant la Libye.
11Résolution  MSC.167  (78)  (adoptée  en  mai  2004  par  le  Comité  sur  la  Sécurité Maritime conjointement aux amendements SAR et SOLAS).
12 P5§2 Etat d’avancement WD – 2 – 3000. 040/16: Aspects de droit international liés au rapatriement des réfugiés en Turquie par la marine allemande dans le cadre de l’ OTAN en mer Égée. Service scientifique du Bundestag allemand. https://www.bundestag.de/blob/418218/e95b6297b7528dd60087a6ac308ca8e7/wd-2-040-16-pdf-data.pdf
Les ports européens doivent être rouverts pour les navires de sauvetage en mer et il faut mettre fin à la criminalisation des ONG. Les campagnes électorales et les débats politiques ne doivent pas être menés sur le dos de celles et ceux qui cherchent une protection et provoquer la noyade de centaines de personnes en mer. Les pays méditerranéens tels que l’Italie, Malte et la Grèce ne doivent pas être laissés seuls avec la tâche de fournir une protection. Dublin III empêche effectivement une répartition équitable des personnes en quête de protection et déplace la responsabilité vers les pays du Sud de l’Europe, car les personnes ne peuvent pas soumettre leurs demandes d’asile dans d’autres pays européens.
Nous réclamons une solution globale européenne et solidaire, ainsi que des voies de secours sûres et légales. Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra mettre fin aux morts aux frontières extérieures de l’Europe.
Les personnes qui fuient cherchent avant tout une protection. Un parcours migratoire est généralement long et complexe. Ces personnes signalent avoir été victimes de la traite au cours des nombreuses étapes de leur périple, avoir subi un chantage, être emprisonnées, vendues et exploitées en tant que travailleurs forcés. La situation en Libye est sans espoir. Au moment où elle prennent la mer, elles fuient principalement la guerre civile, la détention arbitraire, la torture et les marchés d’esclaves en Libye.
Le statut de réfugié reconnu au cours d’une procédure d’asile sera alors soumis à des critères bien définis. Dans un État constitutionnel, il appartient aux autorités et aux tribunaux de déterminer si une personne est un réfugié au sens de la Convention de Genève sur les réfugiés.
Une telle procédure a lieu à terre après le sauvetage.
Nous soulignons la légitimité de diverses causes de fuite, telles que l’extrême pauvreté, la faim, le manque d’accès aux soins médicaux, la guerre et les conflits violents, la persécution et le manque de perspectives. Les « migrants économiques » fuient souvent la politique d’exploitation postcoloniale des États occidentaux. Le désir de façonner sa vie sous sa propre responsabilité et de créer sa propre perspective est légitime.
Sea-Watch est attachée au droit fondamental de la liberté de circulation. Nous refusons de classer les réfugiés et les migrants sur la base d’un catalogue beaucoup trop étroit de « motifs d’asile », d’autant plus que dans de nombreux cas, il n’est pas certain que ces derniers soient réellement examinés et reconnus.
Une installation de centres d’accueil devant les frontières de l’UE ferait craindre que de nombreuses personnes ne soient expulsées, sans jugement, dans leur pays d’origine. Cela est particulièrement vrai dans des pays comme la Tunisie, où il n’existe pas de législation sérieuse en matière d’asile.
Ce sont les grandes difficultés dans leurs pays d’origine qui forcent les gens à se retrouver entre les mains de trafiquants. Ces derniers prenne avantage de la situation désespérée de la population, quelles que soient la situation des des opérations de sauvetage en haute mer. La situation économique catastrophique et le manque de perspectives en Libye garantissent également un commerce florissant pour les passeurs.
Seules des voies d’évacuation légales ou des améliorations à long terme dans les pays d’origine peuvent mettre fin à la traite des êtres humains. Parce que ces améliorations à long terme ne sont pas en vue, nous nous battons pour la mise en place immédiate de voies d’évacuation légales pour mettre définitivement fin aux souffrances des réfugiés en détresse, ainsi qu’au trafic d’êtres humains.
Non. Nous n’en avons aucun et n’avons jamais eu de contact avec les réseaux de passeurs en Libye ou ailleurs.
Il est par contre notoire que les milices des garde-côtes libyens financés par l’union européenne sont étroitement liées au réseau de contrebande13. Le Conseil de sécurité des Nations unies a réitéré cette affirmation le 7 juin 2018, imposant des sanctions aux dirigeants des soi-disant gardes-côtes libyens. .14
La traite d’êtres humains est un symptôme de la fermeture des frontières. Permettre aux réfugiés de fuir en toute sécurité et légalement et de demander l’asile est le moyen le plus efficace de lutter contre le trafic d’êtres humains.
13 Plus d’informations: blamingtherescuers.org // Médiathèque ARD: SURVEILLANCE du 15.06.2017
Le sauvetage en mer n’est pas une solution à tous les problèmes du monde, ce n’est qu’une solution contre la noyade, tant qu’il n’y a pas de voies sûres. En même temps, des voies sûres ne remplacent pas la nécessité de lutter contre les « causes de fuite », ce qui ne signifie rien de plus que la création de conditions de vie dans le monde, où chacun peut vivre partout.
Oui, ce serait une très bonne chose. C’est l’une de nos première revendication: créer des voies d’accès légales. Les itinéraires légaux vers l’Europe sont également le recours le plus efficace contre les passeurs. Personne ne passerai par les mains des criminels lorsqu’il y aurait une option plus sûre et moins chère. Malheureusement, ces voies légales n’existent pas: les demandes d’asile ou la reconnaissance du statut de réfugié ne peuvent être déposées que sur le territoire nationale, pas dans les ambassades ni dans les consulats à l’étranger. Il n’y a pas non plus de visas pour la migration humanitaire. Il reste des visas, par exemple les visas touristiques. Cependant, cela est associé à des exigences financières et temporelles élevées que les personnes ne peuvent souvent pas satisfaire dans des situations d’urgence grave. Outre les efforts bureaucratiques nécessaires pour obtenir un visa: lorsqu’un pays sombre dans la guerre et le chaos, les autorités ne travaillent plus de manière fiable. Et même une demande de visa coûteuse et fastidieuse peut être rejetée.
De plus, s’il existe une persécution gouvernementale, il est déraisonnable de se tourner vers le persécuteur et de lui demander un permis de sortie.

Frontex est l’Agence européenne des frontières, dont la tâche est de coordonner les opérations aux frontières extérieures de l’UE. L’objectif principal de Frontex est de lutter contre l’immigration clandestine par les frontières extérieures de l’UE.5 Bien que l’objectif déclaré soit également de soutenir les missions SAR, Frontex ne participe pas activement au sauvetage des naufragés en Méditerranée.

Le Conseil des ministres de l’UE a lancé l’opération militaire EUNAVFOR MED (Forces navales de l’Union européenne) en octobre 2015. La mission principale est la lutte contre les réseaux de passeurs criminelle au large des côtes libyennes. En juin 2016, le mandat a été renouvelé et une formation des soi-disant garde-côtes libyennes et un soutien à l’embargo sur les armes imposé par l’ONU dans les eaux internationales au large des côtes libyennes ont été ajoutés.6 Ainsi, la mission EUNAVFOR MED n’est pas une opération de sauvetage en mer comme celle de Mare Nostrum7.
Nous nous réjouissons toujours de vos dons qui participe à sauver des vies en Méditerranée. Outre l’aide matérielle, l’aide organisationnelle est également la bienvenue – par exemple, dans notre camp de base, ou en terme de communication. Une autre grande aide est la diffusion des valeurs de « Sea-Watch » dans vos cercles d’amis et des connaissances. Vous pouvez demander ici du matériel d’information pour conférences, concerts, événements créatifs !